lundi 16 juin 2014

Décapités

Vous avez bien raison, Monsieur le Maire.
Mais QUI voudraient des fleurs le long du trottoir? Et des coquelicots, à fortiori!
Ces longues tiges délicates, ce rouge éclatant, cette façon de nous émouvoir, en se mouvant dans le vent...
Pouah! C'est dégoûtant!

Alors, vous avez bien fait. D'appeler votre armée de fossoyeurs en jaune pour mettre un terme à cette odieuse rébellion.
Quoi? Du vert dans la ville?! De la chlorophylle? Mais la nature a décidément perdu la tête.

D'ailleurs, là, on la joue littéral. DÉ-CA-PI-TÉS, les coquelicots.
Ratiboisés à la débroussailleuse. Bien fait pour eux!
Pour qui ils se prenaient aussi?
Oser charmer nos yeux comme ça, oser rompre les barrières, passer les frontières!
Mais, n'importe quoi!
On veut du propre, nous!

Et vous avez raison, c'est bien plus joli maintenant
Heureusement que vous avez fait place nette.
Au moins, le goudron respire à présent.
Dans notre champ de vision, il n'y a plus que des voitures...
Haaaa, c'est merveilleux!

Avant / Après...

Alors, si vous me permettez, Monsieur le Maire, pour vous rendre hommage,
je vous dédicace aujourd'hui ce petit couplet qui va, de ce pas, compléter mon poème de la dernière fois.

Les coquelicots tombent de haut
fauchés par la bêtise de notre cerveau.
Dans ce paysage de désolation,
je reste planté là, j'ai l'air couillon.

Sincèrement,










Previously dans Moi Timothée,

dans Le mercredi, on culture les petits,

et dans Quelques grammes de musique,

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6 commentaires:

Crevette d'ODouce a dit…

Un bien triste sort pour ces jolies couleurs. Mais malgré tout les deux photos sont belles.

Camille Prieto a dit…

Oh non c'est trop dommage.
Mais qu'ils sont neuneus ces gens !

La vie de Selky a dit…

Non mais y'a des gens qui réfléchissent pas !!
Les coquelicots, déjà si éphémères, si en plus on leur laisse pas la chance de fleurir....
Je partage ta tristesse...

Timothée a dit…

Je sais que ça ne change rien au triste sort de ces jolies fleurs, mais je suis heureux de voir que ça ne révolte pas que moi!
A la rigueur, ils auraient voulu "nettoyer" qu'ils auraient pu attendre la fin de l'été...

mamoac a dit…

La différence entre les photos avant/après est saisissante ... Laissons vivre la poésie ...

Timothée a dit…

Figure toi, Mamoac, que je me suis pris la tête pour retrouver le même cadre de photo. Je voulais justement qu'on se rende bien compte...